L’impact d’une flore intestinale saine

Lorsque l’on parle de digestion saine chez les chevaux, il s’agit souvent d’une bonne santé gastrique. Bien sûr, la bonne santé de l’estomac, et en particulier la prévention des ulcères gastriques, est très importante. Mais la bonne santé de l’intestin borgne (cæcum) et du côlon (colon) est certainement tout aussi importante. Des recherches françaises récentes ont permis pour la première fois de mettre en évidence une relation entre la microflore intestinale et les performances des chevaux d’endurance.

 

L’intestin et le côlon représentent ensemble plus de 60 % du volume du tube digestif du cheval. Des milliards de micro-organismes tels que des bactéries, des protozoaires et des levures (ce que l’on appelle la flore intestinale ou microflore) vivent dans le canal et le côlon. Ces micro-organismes fermentent les hydrates de carbone (en particulier la fraction fibreuse des aliments) et les transforment en acides gras volatils. Ces acides gras sont absorbés par la paroi intestinale et constituent une source d « énergie très importante pour le cheval. 50 à 80 % de l » énergie disponible pour un cheval provient de ces acides gras volatils. Cela montre déjà qu’il est très important de maintenir la microflore intestinale du cheval en bonne santé. En effet, sans une microflore saine, l’approvisionnement en énergie du cheval est compromis.

 

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles il est important de consommer beaucoup de fourrage grossier, qui constitue un milieu nutritif important pour la microflore intestinale. En outre, il est préférable d’éviter les grandes portions d’amidon. Si la quantité d’amidon devient trop importante, la capacité de digestion de l’amidon dans l’intestin grêle est insuffisante, de sorte qu’une trop grande quantité d’amidon non digéré peut pénétrer dans le gros intestin. Une trop grande quantité d’amidon dans le gros intestin stimule la croissance des bactéries productrices d’acide lactique, ce qui peut entraîner une acidification du gros intestin et tuer les bactéries intestinales bénéfiques. Il est donc recommandé de toujours donner aux chevaux des aliments riches en fibres (bruts). Et de répartir autant que possible les aliments concentrés en petites portions afin de ne pas perturber la digestion et la flore intestinale.

 

Cependant, il semble y avoir une autre raison pour laquelle une microflore saine est importante pour le métabolisme énergétique du cheval. Des chercheurs français ont prélevé des échantillons de sang sur 20 chevaux d’endurance de haut niveau, avant et après une compétition. Des échantillons de fumier ont également été prélevés avant la compétition afin d’analyser la flore intestinale des chevaux. En résumé, cette étude a montré que les microbes de l’intestin, via la formation de certaines substances absorbées dans le sang, peuvent influencer le métabolisme énergétique des muscles des chevaux et donc affecter l’endurance de ces chevaux d’endurance.

 

Il semble donc que le microbiote de l’intestin borgne et du gros intestin du cheval affecte de différentes manières l’apport et l’utilisation de l’énergie chez le cheval.

 

Outre une alimentation suffisante, de bonne qualité et riche en fibres, certains pré et probiotiques peuvent également contribuer à une flore intestinale saine.

 

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Références :

Understanding the Holobiont : Crosstalk Between Gut Microbiota and Mitochondria During Long Exercise in Horse, Frontiers in molecular Biosciences, Mach et al (2021)